Le truc
03/01/2012 01:59 par Yuuyami
Tandis que la Mermonte, j'aperçois un homme.
Il a du style et de l'envergure, il est posé là, bien ancré dans le sol.
C'est entendu pour un rendez-vous matinal tout à fait original !
Les oiseaux nous observent, heureux de ce trésor humain essentiel.
Un rien ténu, ce fil invisible de brillance douce c'est le voile qui nous relie.
Danser ensemble l'énergie, partager le passé et construire un présent.
Ne même pas voir le futur, ressentir simplement l'émerveillement d'être proche.
Nous avons les yeux qui brillent et l'aura pétillante.
Il y avait le vent, et la fraîcheur, en ce matin de printemps mémorable.
Il a tout de la joie de vivre, de la lumière, de l'esprit et du corps admirable.
Ce que la vie m'offre, je l'accueille avec mon âme grand'ouverte.
J'ai souhaité ce sourire parfait et ces yeux adorables.
Une synchronicité formidable.
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Je ne comprends pas moi non plus, ce qui m'attire vraiment... de savoir ce que je sais de lui...de savoir qu'il ne rendra jamais les armes...de connaître ces secrets si bien gardés...ou simplement est-ce de deviner ce corps affuté sous l'émotion...mais lorsque j'accède a l'âme agitée de ce parfum, j'abdique sous l'empire des fantasmes bâtis tout autour de lui. Chaque jour.
Je crois -je sais- que j'ai vu mieux, connu plus fort, plus grand et plus lumineux, d'ailleurs en fermant les yeux je m'en souviens...mais c'est ce parfum qui revient. Encore.
Dans le théâtre des souvenirs, il y a un rôle au premier plan, un qui se tient près du rideau, aux aguets. C'est un homme, beau de toutes ses faiblesses, et de toute sa volonté, posté là. Et je l'admire observant le monde des êtres futiles, s'amusant du superficiel, pleurant la misère humaine, s'enorgueillant de vos si petits soucis, il a traversé le Seuil. Tout seul.
Vous le croyez perfide, alors qu'il est fatigué de ses propres remous. Un jour sensible, l'instant d'après une arme de guerre. Cherchant la lumière, cet éphèmère s'est heurté à son sphynx mythique, tant de fois, qu'il a failli en mourir au passé, et ces photos nostalgiques si fugaces qui lui rayent le coeur... Je voudrais tant qu'elles brûlent sous la lumière du présent. Maintenant.
Quelque chose de plus, un souffle frais, innovant, spontané, qui t'entoure, t'enivre et te poursuit jusque dans les rêves, la nuit. Un velours neuf, abondant et généreux , amoureux du fond sans les formes. Aveugle.
À ce sourire, à cette étincelle, à ce génie brillant, à ces mots envoûtants, à celui que j'aime d'un amour élégant depuis le premier verbe. Evidemment.
Qu'il me recueille au plus profond de son âme, enfin, protégée du monde et du temps, qu'il jure de me laisser là, je ne prendrais jamais trop de place et je n'aurai plus peur. Je deviens chenille accomplie, coquille du tout, de lui, de moi, pleine de nous. Absorbée dans la contemplation heureuse, je ris, il rit, et par un hasard de lumière, je me perds au détour de la noirceur d'un linceul de pierre couvrant son buste. Délicatement.
Et me revoilà. Entière.
Qu'il me laisse là, je ne prendrais plus jamais trop de place et je n'ai plus peur de le perdre.
Parce qu'il y a quelque chose de plus.
Y'a un truc là !
J'ai chaud, très chaud, trop chaud. Tu me brûles jusqu'à l'âme de tes regards acérés de tes paroles sèches comme de la paille et de tes mains ardentes où j'entrevois tout un temple de tendresse que tu n'exprimes qu'en actes.
Y'a un truc où je ne m'y connais pas !
Ne pas bouger, car le feu se fait pressant et ta présence magnétique hurle sa puissance à mes flancs.
Y'a un truc...de la magie ? Je ne comprends pas.
Ne pas te toucher, car le feu se fait rugissant tandis que ton intimité résonne comme un ancien mystère sacré.
Ya' un truc...Y'a un truc ! Mais quoi ?
Ne pas t'embrasser, car le feu se fait oppressant alors que ta langue veloutée est un piège de délice. J'aimerai m'y emmêler jusqu'à plus soif, c'est à dire à jamais.
Y'a un truc qui m'attire et me repousse à la fois !
Que faire pour calmer ce feu fou fuyant au creux de mon ventre ? Juste te parler.
Te dire ce que je ressens, t'avouer les faiblesses qui tourmentent ma chair et ma fragile volonté face à ce grand Toi.
Y'a un truc dans ces regards-là.
Et t'observer mirer au loin, un peu de douceur pour une fois, un peu de vrai, beaucoup de toi. Savoir reconnaître la paix quand elle est là. Que tu prennes ma main pour apaiser le feu, juste pour me prouver que nous sommes bien deux assis là. Enfin retrouver ma propre paix, de savoir que tu lis ce besoin au fond de moi. Et me laisser aller.
Y'a un truc dans ces instants las.
Etre face à face, brûlants, un désir infini et vraiment très troublant. Il fait chaud, t'es chaud, trop chaud, tes textiles sautent et les barrières de mon esprit avec. Je suis à toi je suis prête. Nourris ce feu de tes mains parfaites, glisse sur ma peau tel une onde d'offrande, lèche encore mon sein dressé et soumets toi enfin à nos baisers très mouillés.
Y'a un putain d'truc entre toi et moi !
La méthode Coué fonctionne dans les deux sens.
Alors là. J'hallucine. On m'envoie en mission suicide à l'Hyper U : tu devras ramener deux baguettes de pain et de la super glue. Dans ce temps templier consommant des concombres sonnés consumés, j'atteins les graals avec mon flair de kamikaze. Evitant les lutins tout verts, contournant les guirlandes hurlantes.
Je me dépêche; faudrait pas qu'on me vole mon essence propre!
Et là...Je croise le clown Caramel et son char d'ecstasié. Je remarque les hôtesses en paillettes, j'aperçois des mères noël perverses à tous les rayons, le monde s'agite et moi je cogite.
Il y a ici tant à décrire que 10000 riches vies intérieures ne sauraient suffire.
Alors que le clown crache sa techno, je me retrouve éjectée dehors, la chute amortie par l'écho d'un over the rainbow circonstanciel. Ca pique! J'absorbe le soleil et le ciel (un peu délavé, un peu miel), c'est le Sud où l'hiver n'est que vent. Qui décoiffe le plus entre les idées fulgurantes et l'air qui virevolte?
Là!
J'ai cassé ma baguette !
Heuresement la magie s'accroît : ressentir. A nouveau. Le souffle de l'atome qui se lie et se complète depuis l'esprit jusqu'à la lettre.
J'aurai dû mourir ce Noël-là, me voilà ressucitée ce Noël-ci.
Ah oui comme ça tu as vu la lumière, tu vis lumière, tu respires lumière, tu t'es shamanisé en lumière. Ah oui, ce que tu crois t'entérine.
Mais de quoi parles-tu ? Précise moi ton vécu.
J'ai vu.
Un oursin tentaculaire blanc pur juste en haut à gauche. Un phare éblouissant chaudement la rétine et caressant subtilement l'esprit, d'une féerie infinie. J'ai cru qu'en me tenant plus droite, je le percevrais mieux, alors qu'il baigne déjà en totalité la glande pinéale, c'est l'essence conique de toute chose et l'amour de ma vie.
Glande comique !
Car je te sais riant sous cape de page, alors pour une fois dis-toi que le voile de la vie n'est pas que d'un noir exsangue teinté de regrets.
Dis-toi que l'oubli n'est pas une option, ni même un outil, juste la tentation de se perdre.
Que l'Amour de la vie, l'Amour de soi, l'Amour, le vrai, te permets d'outre-ôter les masques qui te pèsent et les filtres qui t'aveuglent. Avec tous ces artifices, tu ressembles à un sorcier, pas très puissant, note bien : un marabout mal embouché répudié dans un coin.
Déposer les armes puis renoncer à la force. A tout point de vue.
Devenir survivant astucieux, de la trempe de ceux que la vie élève.
Le déictique survivant astucieux, juste, au centre de lui-même.
Curieuse du sentiment de toute puissance j'ordonne à ma brosse à dent de rejoindre le trou qui lui sert de marche pied. Séance tenante elle n'y tient plus et s'agrippe au rebord aiguisé du lavabo en marbre forgé.
C'est un marbre de qualité extra dont l'armature se détaille d'un peu de sable Prusse et de beaucoup d'huile de coude. Ca peut paraitre instable mais tout est relatif : à mesure que je m'éloigne la matière se resserre, comme des pores.
J'insiste encore et la pichenetise d'un revers de manche à encre, la chaîne se déroule et l'artillerie vient enjoindre brusquement la culottée en matière pétrochimique.
Hé.Ho. Faut pas faire chier le grand encraoudeur !
Je mire deux fentes serpentines rayant la surface opaline
L'image est floue mais l'humeur est taquine
Oscillante, de badineries en bouderies
Faut-il que son charme soit à ce point indiscible?
Qu'arrivent-ils aux incompris lorsqu'ils se pâment puis succombent au mépris?
Car il n'y a guère qu'un coeur de bel imbécile pour s'enticher d'un coeur invisible.